
Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Ce serait peut être l’adage qui me parle le plus. Par ce que c’est un truc d’alchimiste, une expression qui englobe tout. Depuis les cours de physique chimie en 4ème, aux cycles de la nature et de la culture, à la physiologie animale, au processus de pensées et aux relations humaines, à la vie et à la mort, à la réincarnations et aux vies multiples. Quand j’écris cela, j’ai une sensation d’abîme qui s’ouvre en moi, une sensation de comprendre dans mon cœur ce qui me dépasse avec ma tête.
Un soir, il y a quelques semaines j’ai ressenti que progresser dans la vie, c’était pas comme monter une montagne, mais comme descendre dans une grotte, dans les entrailles de la Terre. On nous pousse à toujours monter plus haut, à avoir des notes plus hautes, des postes plus hauts, un plus gros salaire, une plus grosse renommée, tout dans le superlatif.
En fait j’ai compris que progresser, au sens de la vie elle-même, c’est aller toujours plus profond EN SOI. Parce que on peut monter, monter, il y a un jour où ça va sûrement s’effondrer. La maladie, la faillite , la guerre, le deuil ou que sais-je, peuvent nous attraper et détruire notre empire matériel. Cette impermanence fait qu’on vit dans la peur, car si le résultat des progrès s’effondre c’est comme si on mourrait, comme si on disparaissait.
J’ai compris qu’en regardant à travers ce voile, on pouvait comprendre que chaque expérience, peut importe sa connotation, nous transformait et que c’était ça la progression. Cette transformation. Sous ce jour, je ne peux plus rien perdre puis ce que rien ne se perd. Rien ne se perd, mais tout laisse une trace.
J’ai compris tout ça à la fin de la série « 10 pour cent ». Attention spoiler. A la fin, l’empire de l’agence ASK s’effondre. Alors que tous les agents se sont battus, ont donné toute leur essence pour la réussite, on sacrifié leur vie personnelle, certaines relations, l’empire s’effondre et disparait. Mais ils ne repartent pas sans rien : au cours de cette aventure, ils ont appris à résoudre des conflits, ils ont ressenti des joies et des peines intenses, ont eu des échanges profonds et des prises de conscience. Ils ont été de mauvaises personnes et parfois des anges pour les autres. Ils se sont repentis et ils ont grandi. Alors même si ASK meurt et leurs investissements avec, leur expérience humaine a été grandement enrichie, et ils ont appris énormément. Ils sont allés plus profond en eux, grâce aux autres, ils se sont pardonnés et ils sont bien plus riches finalement.
Tout nous transforme. Chaque rencontre, chaque expérience, conversation, chaque fois qu’on se confronte, qu’on fuit, qu’on fait le deuil de quelque chose, d’une part de nous. Chaque trauma qu’on vit, puis qu’on digère, tout. Moi je transforme tout, tout le temps. Au point où on pourrait presque dire que c’est pathologique. Il y a une part de réponse au trauma là-dedans, une part de fuite et d’autosabotage, une part de peur extrême de l’engagement. Mais aussi une soif de vivre, d’expérimenter, d’être toujours plus dans le juste et dans l’équilibre. Je pars de très loin alors le chemin fait des détours. Et finalement je transforme en gardant le même cap. Celui de la connexion avec l’autre, et de la perspective d’évolution.
Je suis devenue diététicienne en 2019. J’ai exercé puis très vite senti que ce métier n’était pas aligné à moi. Qu’il m’amenait des personnes que je ne pouvais pas aider. J’ai alors voulu l’exercer de manière très inconventionnelle, sans aucun cadre. Et alors je me suis complètement perdue. Puis j’ai rencontré une diététicienne avec qui je me suis associée, qui m’a recadrée et appris à me faire un peu plus confiance. Et lorsque j’ai repris son cabinet j’ai à nouveau voulu m’écarter du chemin conventionnel de la diététique, mais sans oser pleinement. Je me suis encore perdue, mais cette fois ci j’avais encore des clientes avec moi. Des femmes que j’aidais, qui me montraient que c’était possible et qui faisaient la paix avec un bout d’elle, grâce à nos échanges.
Vraiment, d’avoir pu témoigner du avant/après chez ces femmes qui osaient enfin lâcher des préoccupations pour embrasser plus de sérénité, ça a rempli mon cœur. Aujourd’hui, avec les années de pratique de l’accompagnement et du soin, et les outils plus alternatifs par lesquels je suis passée, je sais que je peux être présente pour vous sans me cacher derrière la casquette d’un diplôme professionnalisant officiel. Mais d’oser, avec mon expérience de la vie, prendre fièrement la casquette de coach, assumer ce que je fais déjà depuis ces dernières années.
La nouvelle moi arrive bientôt.
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